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Les plans du gouvernement en matière de pensions : à quoi vous attendre ?

Le gouvernement a de grands projets pour réformer nos pensions. Qu'est-ce qui va changer et qu'est-ce que cela signifie pour votre porte-monnaie ?

En septembre, la ministre des Pensions, Karine Lalieux, a annoncé sa grande réforme des pensions, qui compte beaucoup de nouveautés. Attention, les plans de la ministre ne sont que des plans. Le dossier est toujours en cours et fait l'objet de nombreuses négociations au sein du gouvernement. Cela dit, les intentions de K. Lalieux affichent une direction claire. Et il existe aussi plusieurs mesures décidées précédemment par le gouvernement et qui deviendront concrètes dans les mois et années à venir.

Hausse de la pension minimum

Par exemple, le gouvernement était déjà d’accord de relever le niveau de la pension minimum à environ 1.500 euros (d'ici 2024), mais la ministre en rend l’accès beaucoup plus flexible. La condition de base pour bénéficier de cette pension minimale reste d’avoir 30 ans de carrière, mais la ministre propose qu’il ne faille que 10 ans de travail effectif au cours de cette période et encore, à raison de 104 jours par an en moyenne ‘seulement’.

Selon le projet de la ministre, une carrière de 42 ans sera également suffisante pour prendre sa retraite avant l'âge légal. Ainsi, celui ou celle qui a commencé à travailler à 18 ans pourrait prendre sa retraite à 60 ans. Ceux qui ont commencé à travailler à 22 ans pourraient prendre leur retraite à 64 ans. L'âge ‘normal’ de la retraite reste fixé à 65 ans mais, comme convenu précédemment, il sera relevé en deux étapes, pour atteindre 66 ans à partir de 2025 et 67 ans à partir de 2030. La note de la ministre Lalieux ne change rien à cela.

À salaire plus élevé, pension plus élevée

Par ailleurs, les revenus plus élevés ont également la perspective d'une pension plus élevée, grâce au relèvement du ‘plafond salarial’. Il s'agit d'une mesure qui avait déjà été décidée. Ce plafond est le salaire brut maximal qui sert de base au calcul de la pension légale. Dès que le salaire franchit ce plafond, le montant de la pension légale n'augmente plus. Dans les années à venir, jusqu'en 2024, ce plafond sera systématiquement relevé de 2,38%.

Toutefois, ce plafond salarial plus élevé présente également un inconvénient pratique. Les personnes dont le salaire est plus élevé bénéficient généralement aussi d'une assurance groupe, avec un capital de pension complémentaire payé par l'employeur. La contribution de l'employeur est généralement calculée en deux tranches : un pourcentage sur le salaire gagné jusqu'au plafond salarial et un pourcentage plus élevé sur la partie qui dépasse le plafond salarial, souvent dans la combinaison 3% - 10%.

En relevant le plafond salarial, l'employeur paie donc le plus petit pourcentage (3%) sur un montant plus important. Et cela peut coûter cher à un employé. Pour les jeunes salariés, qui doivent encore travailler 40 ans, la pension complémentaire peut ainsi être réduite de 20%, selon les calculs du groupe RH Mercer. L'impact négatif peut être particulièrement important pour les cadres de niveau inférieur et moyen, dont le salaire se situe juste au-dessus du plafond salarial.

Adieu le coefficient de correction

Les choses vont également changer pour les indépendants, puisque le coefficient de correction sera supprimé à partir de l'année prochaine. Cette mesure est basée sur un projet de loi du ministre des Indépendants, David Clarinval (MR). Selon le nouveau mode de calcul, la pension d'indépendant sera désormais calculée sur les 100% du revenu professionnel. Depuis 1984, il y avait une correction intégrée qui n’autorisait que 69%. Cette correction est donc supprimée. En se basant sur une carrière complète, cette mesure peut représenter plusieurs centaines d'euros supplémentaires par mois pour les indépendants.

Une autre mesure qui intéressera les indépendants est la revalorisation de la pension proportionnelle. À l'heure actuelle, la plupart des indépendants continuent à percevoir une pension minimum légale parce que c'est souvent plus avantageux pour eux. Le gouvernement va augmenter la pension proportionnelle (basée sur le revenu professionnel, la durée de la carrière et la situation familiale). Le montant de la pension pour chaque année de revenu jusqu'en 2020 inclus est augmenté de 1,7%. À partir de 2021, le coefficient de correction sera supprimé.

Prime de pension

Le gouvernement souhaite augmenter les pensions, mais il y aura aussi des mesures pour nous faire travailler plus longtemps. Comme déjà mentionné, une carrière de 42 ans, par exemple, sera suffisante pour prendre sa retraite à 60 ans. Toutefois, celui ou celle qui voudra travailler pendant toute la durée de sa carrière (45 ans) pourra bénéficier du ‘bonus-pension’ proposé par la ministre Lalieux (et qui sera effectivement réintroduit). Avec ce bonus, le montant annuel de la pension sera augmenté de 2€ bruts par jour de travail supplémentaire presté au-delà des 42 ans de carrière.

Une autre idée de K. Lalieux pour stimuler le taux d'emploi dans notre pays est l'introduction d'une pension à temps partiel (une vieille idée qui circule depuis quelques années). Cela permettrait aux employés de travailler à temps partiel pendant leurs dernières années de carrière et de recevoir une pension à temps partiel. La pension à temps partiel pourrait prendre effet à partir du moment où le salarié est éligible à la retraite anticipée. Il pourrait alors choisir entre une pension à mi-temps ou à un cinquième de temps. Un salaire à mi-temps pourrait ainsi être combiné avec une pension à mi-temps.

Un festival de bonnes nouvelles

Il semble donc que les plans de K. Lalieux en matière de pensions offrent des cadeaux à tout le monde : chaque catégorie professionnelle en bénéficiera et chacun peut s’attendre à une pension plus élevée. C'était également l'une des plus grandes critiques du plan : sa viabilité financière n'est pas suffisamment fondée. Ou, comme l'a dit sèchement l'économiste du travail Stijn Baert (UGent) à la VRT : « Ce n’est pas crédible et c’est une chimère budgétaire. » À suivre, sans aucun doute...

Devez-vous effectuer des démarches ?

Devez-vous effectuer des démarches pour bénéficier de toutes ces nouvelles mesures (en supposant, bien sûr, que celles qui n'ont pas encore été approuvées soient effectivement mises en œuvre) ? Non, il n'y a pas de tracas administratif. Toute nouvelle législation est automatiquement adaptée à votre pension personnelle.

Vous souhaitez vérifier à quoi ressemblera votre pension ? Vous pouvez suivre votre dossier personnel sur www.mypension.be, en ce compris les montants mensuels tels qu'ils s'appliquent aujourd'hui.


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