Alvo - April/Mei

La valorisation d’entreprises : entre objectivité et subjectivité

La cession et la reprise d’une entreprise passe inévitablement par son évaluation financière pour en connaître la valeur « objective » et dépassionnée. Alors que certains sites en ligne offrent des valorisations « minute » au demeurant très approximatives, il convient de rappeler qu’un tel exercice est particulièrement complexe car au-delà des techniques utilisées et reconnues, il requiert expérience, maîtrise et méthode.

Lorsque je réalise une valorisation d’entreprise, je procède au cas par cas, en personnalisant les critères sélectionnés et les hypothèses sous-jacentes à partir des spécificités de la société à évaluer. Je prends en considération les éléments quantitatifs et qualitatifs tels que les états financiers, les comptes prévisionnels, les tendances sectorielles ou encore la position concurrentielle de l’entreprise sur son marché de référence.

Il existe des dizaines de méthodes de valorisation mais celles qui sont le plus utilisées sont les approches patrimoniale, actuarielle et des comparables.

L’approche patrimoniale valorise l’entreprise à un moment T sans se soucier des résultats futurs. Elle est généralement retenue pour la valorisation de sociétés immobilières et holdings, d’entreprises au rendement faible ou encore en difficulté.

L'approche actuarielle part du postulat que l’entreprise vaut ce qu’elle rapporte. Elle se base sur l’actualisation des flux de trésorerie disponible (en anglais free cashflow) futurs de l’entreprise. Dans la littérature financière on parlera de Discounted Cash Flow (DCF).

L'approche des comparables visera à valoriser une entreprise par comparaison avec d’autres représentant des caractéristiques communes (secteur d’activité, taille, maturité, …).

La valorisation est un exercice rigoureux alliant techniques financières, éléments objectifs et des critères subjectifs qui nécessitent une compréhension intime de l’entreprise.

Mais ne nous trompons pas, même s’il m’est difficile de l’admettre, la valorisation ressemble plus à de l’alchimie qu’à une science exacte et, par conséquent, peut être sujette à de nombreuses discussions et interprétations selon la qualité et la fiabilité des critères et hypothèses mais également selon que vous soyez cédant ou repreneur.

Mon rôle d’expert financier est d’utiliser les méthodes les plus appropriées et, si nécessaire, de combiner plusieurs méthodes pour leur complémentarité en les pondérant éventuellement en fonction des circonstances spécifiques.

La valorisation débouchera sur une fourchette de prix et non sur une valeur absolue, immuable et inscrite dans le marbre car en dépit d’une valorisation faite dans les règles de l’art, le prix finalement payé par l’acquéreur dépendra avant tout de la négociation entre les parties et de facteurs tels que la loi de l’offre et de la demande, les synergies attendues, la différenciation stratégique et la situation macro-économique.


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