La loi votée rend les flexi-jobs désormais possibles dans tous les secteurs, publics comme privés, ce que le ministre considère comme une mesure apte à flexibiliser notre marché du travail, mieux récompenser le travail et renforcer la compétitivité de nos entreprises.
« Les flexi-jobs deviennent enfin possibles dans tous les secteurs. Nous répondons ainsi à la demande des employeurs qui souhaitent davantage de flexibilité pour gérer leurs pics d’activité, et des salariés qui veulent gagner davantage ou diversifier leurs activités. Avec cette réforme, nous récompensons le travail et l’effort de celles et ceux qui veulent s’investir davantage. L’attractivité du système est préservée. Il s’agit d’une opération gagnant-gagnant : les employeurs peuvent engager du personnel supplémentaire de manière flexible et rentable, tandis que les travailleurs peuvent obtenir un revenu complémentaire, » avait commenté David Clarinval lors de la présentation du projet.
Introduits en 2015, les flexi-jobs ont été très utilisés. En 2024, 229.423 Belges ont exercé une activité sous ce statut flexi-job. Mais jusqu'ici, ce statut n'était autorisé que pour certains secteurs, à travers leurs commissions paritaires. Les flexi-jobs étaient apparus en 2015 pour apporter de l'oxygène à un secteur horeca souffrant d'une pénurie de main-d’œuvre. Le régime avait été ouvert en 2018 au commerce, au salons de beauté et coiffure et aux boulangeries. De nouveaux secteurs s'étaient ajoutés en 2024 : agriculture, de événementiel, immobilier, enseignement, sport, culture et garde d'enfants. Pour les secteurs de l'Horeca et de la distribution, les grandes lignes du système subissent peu de changement : la cotisation patronale reste fixée à 28 % et le revenu annuel plafonné du travailleur s'établit à 18.000 euros.
Souplesse ou précarité ?
La formule permet à une personne déjà active chez un ou plusieurs employeurs à minimum d'un horaire 4/5ème, de bénéficier de revenus complémentaires à des conditions avantageuses. Le salaire net du flexi-job est égal au brut, il n'y a ni cotisations personnelles ni précompte professionnel à payer, et le flexi-job ne doit pas être déclaré à l'impôt sur les personnes physiques. Le statut donne pourtant droit aux mêmes droits que les autres contrats en matière de congés, pension et protection sociale. Tout le monde ne juge toutefois pas de façon positive les flexi-jobs. Les syndicats soulignent qu'ils ne génèrent pas ou peu de cotisations sociales supplémentaires, ce qui fragilise le financement des pensions et de la sécurité sociale. Il craignent aussi qu'il mène à une précarisation, en favorisant le recours opportuniste à des emplois à la carte.
Quelques données
Aujourd'hui, l'Horeca reste le secteur économique qui fait le plus appel à la formule, comme le montrent les données de l'ONSS réunies dans le graphique ci-dessous. Le secteur du commerce vient en deuxième place. Le nombre de flexi-jobs n'a cessé d'augmenter, à l'exception de la période de la pandémie de Covid en 2020, qui s'était logiquement traduite par une baisse du nombre de flexi-jobs et du volume de travail dans l'Horeca.
Dans l’Horeca, le nombre de flexi-jobs a encore augmenté de 4,3% entre 2024 et 2025, passant de 96.140 à 100.247 contrats. Le volume de travail en ETP a quant à lui augmenté de 7,4% par rapport à 2024.
La recours croissant à la formule s'observe aussi dans le commerce. Par rapport à 2024, le nombre de flexi-jobs y a augmenté de 18,4% en 2025, avec 43.597 contrats. Le volume de travail en ETP a progressé de 20,9%.
Les flexi-jobs semblent être particulièrement populaires auprès des travailleurs relativement jeunes, âgés de 25 à 39 ans. En 2025, leur nombre a encore augmenté de 11,9% par rapport à l’année précédente. En deuxième position, on retrouve les 50 à 64 ans. Leur part connaît également une forte hausse en 2025 par rapport à 2024 (+16,6%). C'est toutefois chez les personnes âgées de 65 ans et plus que l'on observe la plus forte croissance. Par rapport à 2024, leur nombre augmente de 21,3 % en 2025. Cette croissance est légèrement plus marquée chez les hommes (+22,7 %) que chez les femmes (+19,7 %). Il s'agit de la seule tranche d'âge où les hommes sont plus nombreux que les femmes à exercer un flexi-job.