Le vol à l'étalage est un problème persistant. Ces dernières années (2023 et 2024), leur nombre a augmenté pour atteindre plus de 24 000 cas signalés, selon les chiffres de la police fédérale. Il s'agit d'une forte augmentation par rapport aux 19 000 vols signalés en 2021. L'essor des caisses à scanner automatique, entre autres, est à l'origine de cette augmentation. Selon buurtsuper.be, les commerçants perdent plus de 1 % de leur chiffre d'affaires à cause des voleurs à l'étalage. Selon Luc Cooman, président de l'asbl Prévention et Sécurité, une organisation faîtière qui coordonne la lutte contre le vol chez les commerçants, après deux à trois ans, on constate une augmentation d'un tiers des vols dans les magasins où un système de caisse automatique a été introduit.

Compensation pour les commerçants

Le gouvernement souhaite désormais aider les commerçants concernés en leur versant une partie des amendes existantes. Il examine la possibilité d'accorder aux commerçants une indemnité forfaitaire payée par l'auteur du délit. Ceci doit compenser les frais qu'ils doivent supporter pour traiter un vol, tels que le dépôt d'une plainte et le recours à du personnel. Cette mesure figure dans le nouveau plan PME de la ministre des Classes moyennes Eléonore Simonet (MR). Ces amendes existent depuis 2022. La police peut imposer aux voleurs à l'étalage qui sont majeurs un règlement à l'amiable immédiat pouvant aller jusqu'à 350 euros. « Avec cette mesure, nous voulons encourager les commerçants à porter plainte et leur offrir une compensation pour leur temps et leurs efforts », explique le cabinet de la ministre des Classes moyennes, Eléonore Simonet. C'est là que réside actuellement le problème : dans la pratique, les commerçants ne porteraient plainte que dans 10 % des cas.

Demander l'ouverture d'un sac

Ce n'est pas la seule mesure contre le vol à l'étalage prévue dans le plan PME de la ministre Simonet. Le gouvernement va également modifier la loi sur la sécurité privée afin que les commerçants puissent demander aux clients d'ouvrir spontanément leurs sacs à main, sacs à dos, etc. pour les contrôler. Le commerçant ne risque aucune sanction si le client accède volontairement à cette demande, comme c'est le cas actuellement. Les clients peuvent toutefois toujours refuser d'accéder à cette demande.

Différents systèmes pour lutter contre le vol

Chez buursuper.be, le directeur général Luc Ardies se montre prudemment positif à l'égard des mesures prises par la ministre Simonet. Au début de cette année, l'organisation a mis en place son propre système de lutte contre le vol à l'étalage, dans le cadre duquel les voleurs doivent payer une amende de 181 euros. « Plusieurs supermarchés se sont déjà inscrits dans ce système. Notre règlement peut coexister avec la mesure prise par le ministre. Il existe en effet de nombreuses zones de police qui ne disposent pas de suffisamment de personnel pour faire du vol à l'étalage une priorité. C'est même le cas de la grande majorité d'entre elles. Nous nous réjouissons également du fait que les commerçants puissent demander à leurs clients d'ouvrir leur sac à main ou leur sac à dos. Certains supermarchés ont été condamnés à une amende pour l'avoir fait, pouvant aller jusqu'à 4 000 euros dans des cas exceptionnels. »

Supermarchés équipés de distributeurs automatiques de billets

Une autre mesure importante pour les commerçants est qu'ils seront désormais autorisés à installer des distributeurs automatiques de billets. « Les supermarchés qui en avaient installé dans le passé pour offrir un service supplémentaire à leurs clients ont dû les retirer, car le transport de l'automate à la caisse était considéré comme un transport de fonds. Cette mesure est désormais modifiée, et nous en sommes ravis », déclare Ardies. « Il y a de moins en moins de distributeurs automatiques de billets. Pour les supermarchés, c'est un service qu'ils peuvent offrir à leurs clients. » Le gouvernement souhaite également veiller à ce que les commerçants puissent facilement déposer leurs excédents de caisse de manière fluide et sécurisée dans un distributeur automatique. « Le gouvernement examinera, en concertation avec le secteur, comment augmenter le nombre de distributeurs automatiques acceptant les dépôts au-delà du minimum fixé dans le protocole, en particulier dans les centres commerciaux. »

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