Après Anderlecht, l’ouverture de Messancy (province de Luxembourg) est prévue le lendemain, le 23 janvier, suivie par celles de Monnet (Woluwe-Saint-Lambert/Bruxelles) le 27 janvier, La Louvière (Hainaut) le 28 janvier, et Liège Ardentes/Rocourt le 29 janvier. Les deux derniers sites, Châtelineau et Hornu (Hainaut), ouvriront respectivement les 19 et 26 février. Delhaize prévoit d’y exploiter des supermarchés d’une surface de vente moyenne d’environ 2.000 m², contre des surfaces plus importantes pour les hypermarchés Cora.

Les nouveaux magasins seront confiés à des affiliés et intégreront les services habituels de l’enseigne, dont le retrait de commandes en ligne, dans chacun des sept magasins. Ces ouvertures devraient représenter un total d’environ 300 emplois, selon Delhaize.

Les surfaces concernées appartiennent à l’investisseur immobilier Mitiska REIM, qui a indiqué vouloir réaménager les sites, notamment en subdivisant les anciens hypermarchés en plusieurs cellules commerciales plus petites. Outre Delhaize, plusieurs enseignes ont déjà confirmé leur arrivée dans ces centres, dont DreamLand, présent sur les sept sites, ainsi que la chaîne de vêtements Kiabi sur cinq d’entre eux et le détaillant d’ameublement JYSK. Aldi a également annoncé l’ouverture, à l’été 2026, de trois magasins dans les Cora d’Anderlecht, Châtelineau et Woluwe-Saint-Lambert.

Mitiska REIM a sécurisé environ 80% des surfaces via des contrats ou des lettres d’intention et estime à près de 1.400 le nombre d’emplois à terme sur l’ensemble des sites. La fermeture des sept hypermarchés Cora, annoncée en avril 2025, a entraîné la suppression d’environ 1.500 emplois.

Vers un modèle “hybride” plus résilient

La transformation des hypermarchés Cora en supermarchés Delhaize, dont le premier site ouvre jeudi, ne signe pas la fin des grandes surfaces, mais illustre l’émergence d’un “modèle hybride” plus résilient, centré sur la franchise et la proximité, estime Pierre-Alexandre Billiet, CEO du média spécialisé Gondola.

Ce passage d’un hypermarché de 10.000 m² à un supermarché de 2.000 m² s’accompagne d’une réduction de 40 à 50% de l’assortiment tout en diminuant fortement les coûts salariaux.

Selon l’expert, le modèle de la franchise, où l’entrepreneur “a mis toutes ses billes sur la table”, est aussi jugé plus performant face à l’e-commerce qu’un modèle intégré, notamment pour les services de proximité comme le retrait de commandes ou l’adaptation rapide de l’assortiment aux habitudes locales. Delhaize a d’ailleurs vu sa part de marché progresser depuis le passage à un réseau quasi entièrement franchisé.

Pour Delhaize, cette opération permet d’accroître son maillage géographique et ses parts de marché, tout en bâtissant un “portefeuille complémentaire” de magasins de tailles diverses. “Miser sur un seul mode de distribution enlève de la résilience”, analyse M. Billiet, qui voit dans cette diversité un facteur de solidité face aux chocs économiques et aux changements de comportements des consommateurs.

L’hypermarché, pour autant, n’est pas condamné. Il peut se réinventer, notamment en misant sur l’ouverture dominicale, un moment où les clients disposent de davantage de temps pour parcourir les rayons traditionnels - boucherie, poissonnerie, traiteur - et profiter d’un assortiment plus large.

“On annonce régulièrement la fin de l’hypermarché depuis des années”, rappelle l’expert, qui voit dans l’extension des horaires un levier de compétitivité pour l’ensemble du secteur. Selon lui, même des acteurs historiquement attachés à un modèle plus intégré, comme Colruyt, “devront, d’une manière ou d’une autre, ouvrir le dimanche” pour rester compétitifs.

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