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Comeos: Des temps difficiles pour le commerce

Comeos, la fédération du commerce et des services, dresse le bilan de l'année 2011 et fait part de ses prévisions pour les mois à venir. L'année 2011 avait relativement bien démarré, mais la situation s'est très vite dégradée dès la fin de l'été. «Sur l'ensemble de l'année, le commerce a enregistré une croissance de deux pour cent» déclare Dominique Michel, Administrateur délégué de Comeos. «Cependant, cette croissance a été réalisée essentiellement durant le premier semestre – dès le mois de septembre, nous avons constaté que le consommateur était devenu extrêmement prudent. Crise économique, crise bancaire, incertitude entourant les mesures publiques, … Ajoutez à cela la hausse des coûts pour le commerçant, et vous comprendrez la gravité de la situation ».
«Dans la plupart des secteurs, nous avons noté une augmentation du volume et du chiffre d'affaires» poursuit D. Michel. « Le secteur DIY et celui des télécoms se sont particulièrement démarqués, avec une hausse du chiffre d'affaires de respectivement 5,2% et 17,3%. Dans le secteur de l'alimentation, le chiffre d'affaires a connu une progression de 4,8 pour cent, principalement grâce aux chaînes de hard discount, qui ont enregistré de bons résultats après plusieurs années difficiles ».
Des marges sous pression
Cependant, ces augmentations ne signifient pas pour autant que les commerçants ont gagné plus que les années précédentes, au contraire: «La hausse des prix des biens de consommation est inférieure à l'inflation» explique D. Michel. «Notre shop index a évolué de 2,5 pour cent, contre 3,7% pour l'inflation. Ceci implique que la progression des prix de l'énergie, des matières premières (coût des denrées alimentaires en hausse de 19 pour cent) et des coûts salariaux n'a pu être répercutée intégralement sur le consommateur. Cette pression croissante sur les marges s'est malheureusement traduite par une explosion du nombre de faillites : l'an passé, 1408 magasins ont fait la culbute, soit 117 de plus que l'année précédente».
Moins de magasins, mais plus d'emplois
En 2011, l'emploi dans le commerce a progressé de 1 pour cent, ce qui représente 2739 postes supplémentaires, tandis que 382 magasins de moins ont été recensés – on compte désormais 88.796 points de vente. En Belgique, la surface moyenne d'un magasin est passée de 202 à 206 mètres carrés. On peut raisonnablement en déduire que ce sont essentiellement des petits magasins qui ont dû mettre la clé sous la porte l'an passé. Et il semble que le secteur des loisirs (vidéothèques) ait été le plus touché par ces faillites.
Rétablir la confiance en 2012
«Le commerce est généralement un moteur de croissance pour l'économie» souligne Dominique Michel. «Mais à l'heure actuelle, la confiance – des consommateurs comme des commerçants – fait cruellement défaut. La consommation privée devrait continuer à se tasser cette année. Seul le taux d'épargne devrait progresser (jusqu'à 16,7%), ce qui constitue en fait un très mauvais signe. Les commerçants s'attendent à une baisse des ventes, et se montrent dès lors plus prudents lorsqu'il s'agit de constituer de nouveaux stocks – l'économie dans son ensemble risque ainsi d'être entraînée dans une spirale négative».
« Vu les conditions actuelles, nous nous attendons à un arrêt de la croissance ainsi qu'à un tarissement des créations d'emplois en 2012 » conclut D. Michel. « La situation est grave, mais pas désespérée : les pouvoirs publics autorités ont le pouvoir de changer les choses, notamment en prenant des mesures efficaces pour rétablir la confiance dans le cadre du plan de compétitivité ».
Source : Comeos

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