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Niveau des prix dans les supermarchés : les autorités veulent-elles faire baisser ou augmenter les prix ?

C'est le 13 février que le rapport longuement attendu sur le ‘Niveau des prix dans les supermarchés' a été présenté. Les conclusions confirment ce que les commerçants eux-mêmes clament déjà depuis longtemps : les concurrents dans les pays voisins peuvent proposer des prix moins élevés pour de nombreux produits. « Mais les chiffres ne sont pas corrects », souligne Dominique Michel, Administrateur délégué de Comeos. « Le rapport prétend que nos supermarchés sont sept pour cent plus chers qu'en France et même dix pour cent plus chers que nos concurrents allemands et néerlandais. Mais il n'est pas tenu compte des produits frais – or ceux-ci représentent plus d'un tiers de l'assortiment. Et c'est précisément pour ces produits que nos commerçants font beaucoup mieux. Sur la base de nos chiffres, nous arrivons à une différence de prix se situant entre quatre et cinq pour cent. Par contre, les causes avancées sont bien exactes : la fiscalité, le coût du travail et les coûts des achats sont responsables de différences sensibles ».
La qualité a aussi un prix
Dominique Michel relève encore deux lacunes dans l'étude. « Il est dommage et étrange à la fois que les pouvoirs publics ne puissent pas calculer quelle est la différence au niveau des taxes directes », souligne-t-il. « Alors que ce sont ces mêmes pouvoirs publics qui perçoivent par exemple l'impôt des sociétés. De plus, il n'est à aucun moment tenu compte de la qualité à aucun moment : ni des produits, ni des services. Tout qui va faire ses achats aux Pays-Bas perçoit immédiatement la différence: assortiment moins large, marques propres de moindre qualité, … Cependant, nous nous réjouissons que le rapport souligne clairement à plusieurs reprises qu'il n'y a pas de différence au niveau des marges bénéficiaires entre les différents pays. La différence ne s'explique donc pas par les bénéfices que percevraient les commerçants ». Une récente étude de la Banque Nationale de Belgique le confirme : la concurrence entre les supermarchés belges est particulièrement vive, le coût supérieur par rapport aux pays voisins est essentiellement dû au coût nécessaire à l'exercice du commerce.
à bon diagnostic …
« Les coûts salariaux et la TVA sont chacun responsables d'une différence d'au moins 2 pour cent », indique Dominique Michel. « Pour la différence de prix d'achat, la même estimation prudente est effectuée. Ce qui signifie donc que pour des produits identiques achetés auprès des mêmes fournisseurs, nos commerçants paient plus que leurs concurrents étrangers ».
Une bouteille de boisson fraîche qui coûte 1,39 euro aux Pays-Bas est vendue dans les magasins belges à 1,45 euro en moyenne.
Ces six cents de différence s'expliquent par le coût salarial du personnel (2 cents), les taxes (TVA, plus écotaxe – 2 cents) et le prix d'achat supérieur.
… mauvais remède
«Nous nous attendions à ce que les pouvoirs publics prennent des mesures pour éliminer les handicaps compétitifs qui sont énumérés dans le rapport – mesures fiscales, pressions salariale, … Mais il n'en est rien », s'étonne Dominique Michel. « Dans le rapport, les actions recommandées semblent avoir été rédigées par d'autres personnes. Elles vont à l'encontre de l'analyse qui a été réalisée et vont plutôt faire augmenter les prix dans les supermarchés que les faire diminuer. Pour nous, elles sont donc totalement incompréhensibles. C'est comme si un docteur posait le bon diagnostic – une grippe – et qu'il préconisait une amputation de la jambe ».
Dans l'exemple de la bouteille de boisson fraîche, nous constatons que la différence de prix restera inchangée si les actions proposées sont appliquées.
Un autocollant indiquant les ‘bonnes' marques propres
«Ce rapport confirme toutes les études du passé, qui ont montré que les marques propres sont proposées à des prix très serrés parce que le commerçant intervient en tant que producteur et a donc davantage d'éléments de coût sous contrôle. Les marques propres représentent actuellement un tiers du marché – le consommateur en a donc aussi conscience. Nous ne voyons pas directement la valeur ajoutée d'un système d'autocollant : le client est certainement suffisamment intelligent pour faire le meilleur choix. »
Les réductions, cartes de fidélité et bons doivent être interdits.
«Pour arriver à des comparaisons de prix transparentes, il est suggéré d'interdire l'utilisation des bons de réduction ou des cartes de fidélité. C'est toucher le client directement dans son portefeuille : annuellement, les clients échangent des bons pour une valeur de 125 millions d'euros. Il faut m'expliquer comment il est possible de faire diminuer les prix en Belgique en interdisant les bons de réduction ». - Les pouvoirs publics doivent donner la priorité aux chaînes à bas prix, pour faire ainsi pression sur les prix.
«Le rapport souligne à plusieurs reprises que la concurrence entre les supermarchés est particulièrement vive. Les pouvoirs publics ne doivent surtout pas perturber cette concurrence, en décidant elles-mêmes – au mépris de ce que souhaite le consommateur – quelle chaîne de magasins peut obtenir ou non un permis. »
Les Commissions paritaires du commerce doivent être mises au même niveau
«Le risque est naturellement grand que les commissions soient alignées vers le haut et que du coup, les coûts salariaux augmentent encore. Et si ceux-ci croissent, nos supermarchés doivent le répercuter sur les prix dans les rayons … ».
Les organisations de défense des consommateurs doivent comparer les denrées alimentaires de la même manière
« Que les autorités chargent une organisation privée de surveiller les entreprises, cela donne quand même à réfléchir. Je pensais qu`il s`agissait-là d'une mission des pouvoirs publics ».
« C'est une proposition insensée. Une vente à perte aura deux effets : les autres produits deviendront plus chers, car la perte devra être compensée. Et si tel n'est pas le cas, seul le supermarché ayant les reins les plus solides survivra. Des chaînes disparaîtront donc, faisant diminuer du même coup la concurrence ».
Où est le courage de trouver de vraies solutions ?
Pour Comeos, c'est clair : les recommandations qui sont avancées dans le rapport auront des effets négatifs sur le commerce. « Le Belge dépense actuellement déjà 2,5 milliards d'euros – par an ! – dans des magasins étrangers », conclut Dominique Michel. « Le rapport qui nous est présenté aujourd'hui montre clairement pourquoi nos clients franchissent la frontière : dans de nombreux cas, c'est pour bénéficier de meilleurs prix. Or les mesures qui sont proposées ne renverseront pas cette tendance. Nous espérons que les causes et l'analyse avancées par le rapport conduiront quand même à des mesures structurelles, comme une réduction des coûts salariaux et une baisse de la pression fiscale. Sans quoi cet exercice aura été vain ».
Source : Comeos (le porte-parole du commerce et des services en Belgique)

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