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Blocage des prix en vue : le gouvernement va-t-il obliger les commerçants à vendre à perte?

Dans les prochains jours, le Conseil des ministres se penchera sur un avant-projet de loi qui doit autoriser le SPF économie à bloquer les prix à la consommation. L'Observatoire des prix pourrait, en cas de ‘problèmes' avec les prix et les marges, établir un rapport, après quoi le Collège de la concurrence pourrait prendre des mesures provisoires et notamment bloquer les prix pour six mois. Enfin, la Cour d'appel devrait se prononcer sur la nécessité de ce blocage, tandis que le ministre de l'économie élaborerait un plan visant une amélioration structurelle du fonctionnement du marché.

Pour Comeos, la fédération belge du commerce et des services, la possibilité de bloquer les prix à la consommation est une idée désastreuse. « Je comprends que le gouvernement veuille garder l'inflation sous contrôle », indique Dominique Michel, Administrateur délégué de Comeos. « Il est préoccupé par les différences de prix observées entre les magasins belges et leurs concurrents dans les pays voisins. Mais le blocage des prix est le pire de tous les remèdes imaginables. Une telle mesure aura même un effet contre-productif ».

Mauvaise procédure

La procédure proposée dérange Comeos. « L'Observatoire des prix peut détecter un ‘problème', sans que ce terme soit d'ailleurs défini et sans aucune obligation de consulter les parties concernées. Nous souhaitons être entendus dans le respect du droit à la défense », souligne D. Michel. « Nous désirons en outre que le Collège de la concurrence se concentre sur sa mission fondamentale : analyser et sauvegarder la concurrence. La concurrence dans le commerce n'est nulle part ailleurs aussi intense qu'en Belgique – comme l'a révélé, entre autres, une étude de la Banque Nationale de Belgique. Actuellement, le Collège de la concurrence ne se distingue déjà pas par des interventions très rapides. Qu'en sera-t-il alors si ses compétences sont élargies à ce point ? Le Conseil doit s'occuper des problèmes de concurrence et pas du prix d'une boîte de croquettes pour chiens ».

Conséquences fâcheuses d'un blocage des prix

Le blocage des prix ne profitera à personne. Même le consommateur sera pénalisé. « Lorsqu'un fonctionnaire bloquera par exemple le prix du café, les procédures pour le convaincre de son erreur nous coûteront beaucoup d'argent », fait remarquer D. Michel. « Si durant les six mois où le prix est bloqué, le prix de la matière première augmente sur le marché mondial, le magasin risque donc d'acheter le café à un prix supérieur sans pouvoir répercuter cette hausse dans ses prix au consommateur. Le commerçant devra alors vendre à perte, alors que ce n'est pas permis légalement. Pour compenser cette perte, il va relever artificiellement ses marges sur d'autres produits. Le client aura peut-être l'impression qu'il est aidé par le politique parce que celui-ci gèle le prix du café, alors qu'au final, il devra payer son lait plus cher ».

Manœuvres de diversion

« Tout semble indiquer que le gouvernement dissimule les vrais problèmes derrière une série de mesures populistes », déclare D. Michel. « Nos coûts salariaux sont 20 pour cent plus élevés que ceux des Pays-Bas, la TVA belge est supérieure à la TVA allemande ou française,… Les coûts salariaux, le manque de flexibilité du travail dans le secteur, les mesures fiscales et les prix du commerce de gros font qu'un commerçant belge doit faire face à des coûts sept pour cent plus élevés que ceux de son concurrent aux Pays-Bas, en Allemagne ou en France. Pas facile dans ce contexte d'offrir toujours les prix les plus avantageux. C'est la raison pour laquelle, chaque année, le commerce belge perd 2,5 milliards d'euros au profit des magasins étrangers ».

En mai, Comeos a présenté son Livre blanc du commerce : un rapport détaillé sur la structure des coûts de nos commerçants, comparée à celle de leurs concurrents dans les pays voisins. « Tous les responsables politiques que je rencontre sont d'accord avec nos conclusions », constate D. Michel. « Nous ne demandons pas des mesures exceptionnelles, mais simplement la suppression de nos handicaps concurrentiels. Voilà un vrai chantier auquel le gouvernement devrait s'atteler…

Source : Comeos

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