Pitaya

Interview d` Odile Troiano, la nouvelle General Manager d'Eurologos Group

Pourquoi avez-vous repris le commandement du groupe ?

C'est très simple. Le Groupe Eurologos est en train de complètement se repositionner depuis presqu'un an comme organisation multinationale centrée sur les activités de communication multilingue et multimarché. Mon opportunité est de réaliser et d'accomplir cette adéquation internationale où toute mon expérience commerciale et professionnelle – depuis mes quatre années universitaires à Oxford – peut se rendre utile.

En quoi consiste ce repositionnement des agences Eurologos ?

à vrai dire, il s'agit du vieux projet d'Eurologos qui remonte à la fin des années 80 lorsque j'étais encore à l'école maternelle. L'entreprise bruxelloise de mon père avait déjà vu que les services linguistiques, sur lesquelles il avait fondé ses activités en 1977, n'étaient qu'une partie de ceux de la communication multilingue. Ainsi il avait rapidement fondé Littera Graphis en 1989 (entreprise de graphisme) et Telos en 1992 (agence de publicité). La communication était et reste fondée sur ces trois activités : la conception-rédaction publicitaire, le multilinguisme des traductions-adaptations et la réalisation du prépresse et de sites web.

Mais alors pourquoi ce repositionnement actuel alors que tout y était ?

Les expériences professionnelles variées et intenses que j'ai cumulées durant ces dernières années m'ont bien appris qu'un réel positionnement sur les marchés globalisés est beaucoup plus long et complexe à réaliser. Il ne suffit pas de le dire, il faut le faire… Ce n'est pas un hasard si la presque totalité des bureaux de traduction (et même des agences de publicité) soi-disant multilingues et multimarchés demeure monolocalisée dans un seul pays.

Mais tous ces concurrents rétorquent que « ce n'est plus nécessaire de se délocaliser grâce à Internet ».

Erreur ! Il est parfaitement faux qu'on peut maîtriser le monde entier avec un ordinateur et une ligne téléphonique. La mondialisation des marchés implique également, et en premier lieu, la mondialisation de la vente et de la communication. C'est exactement ce que les Californiens ont appelé la glocalisation, de la contraction des termes globalisation et localisation. Je fais un exemple très concret et qui nous concerne : une agence monolocalisée est contrainte de sous-traiter les langues étrangères à

des freelances. Mais qui contrôle, corrige et valide (cf. la boucle de la qualité ISO) les textes et les concepts reçus par ces freelances en sachant qu'ils peuvent se tromper jusqu'à 50 fois par ligne ?

D'où la nécessité incontournable – et indispensable pour la qualité – d'être glocalisé. La Qualité Totale est universellement définie comme le résultat du contrôle et de la validation finale avant livraison.

Comment être sûr d'un texte ou d'une publicité en anglais ou en chinois si on ne dispose pas d'une agence à Londres ou à Shanghai ? Eurologos a consacré beaucoup d'années afin de disposer, entre autres, de ces agences qui contrôlent et valident toute production en interne. Y a-t-il des alternatives ? Naturellement, non.


Donc, Internet ne résout pas le problème du multilinguisme ?

Ce n'est pas par hasard que le mot « glocalisation » a obtenu en quelques années plus d'un million d'occurrences sur Google dans les sept langues principales.

La vraie nouveauté est que les jeunes commencent à ne plus avoir une confiance aveugle dans la technoscience : ils reviennent aux valeurs sûres. Ils n'avalent plus tout slogan comme vérité absolue tel que le « je maîtrise le monde entier avec un ordi et une ligne ».

Bref, glocalisation veut dire avoir une vision globale de notre monde actuel mais avec le fait incontournable d'être sur place et d'y agir.

Une question indiscrète : est-ce que la mondialisation glocalisée de vos agences vous a coûté cher ?

Elle n'est pas du tout indiscrète. Oui, se glocaliser coûte cher. Surtout en termes de temps et de ressources humaines et quand on cherche continuellement à implanter de nouvelles agences ; l'objectif étant de produire et fournir des services de communication multilingue et multimarché là où les langues sont parlées.

Comment se fait-il qu'Eurologos puisse pratiquer des prix compétitifs face à tous ses concurrents monolocalisés ?

Tout d'abord, chaque bon acheteur en entreprise doit pouvoir comparer le comparable. Une agence monolocalisée ne peut jamais vraiment contrôler, corriger et valider un positionnement, une annonce ou une traduction. Ce service ne peut donc pas automatiquement être comparé à une agence de communication glocalisée où tout service est toujours révisé et approuvé sur place (langue par langue) avant la livraison.

Mais ce qui est « miraculeux » dans la glocalisation ce sont les prix réduits des pays du monde entier. De la sorte, les coûts sont réduits en amont sans compromettre les fonctions indispensables à la production de qualité.

La question pertinente concerne la réelle capacité des employés acheteurs de comprendre tout cela et de ne pas se faire berner par des agences monolocalisées qui utilisent souvent l'overclaim publicitaire en profitant de l'ignorance – justifiée – des clients : à chacun sa spécialité.

C'est la raison pour laquelle une entreprise doit toujours d'abord faire de la pédagogie gratuite sur son propre secteur d'activités.

Vaste programme donc…

Je m'en rends compte. La situation économique actuelle passe, fondamentalement, par l'achat rationnel et très peu émotionnel. En devenant patronne de mon entreprise, je me situe désormais parmi tous ceux qui travaillent quotidiennement et silencieusement pour la relance et l'adaptation des activités aux nouveaux marchés.


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